Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc

À l'occasion de la « Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc », prise de parole du Maire du 2e arrondissement Jacques Boutault

Mesdames, messieurs,

C'est aujourd'hui le 58e anniversaire des accords d'Evian établissant un cessez-le-feu entre la France et le Front National de Libération algérien.

En France, le 19 mars a été institué journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie.

Le 19 mars 1962, qui marque la fin d'un conflit armé cruel, porte en germe l'indépendance de l'Algérie. D'un mal peut naître un bien.

Ce n'est pas seulement une date importante pour l'histoire de la décolonisation. C'est une date importante pour notre Nation car elle marque la fin d'un conflit de plus de sept ans, qui, pour reprendre les mots de Benjamin Stora, "a divisé non seulement les Algériens et les Français, mais aussi les Algériens entre eux et les Français entre eux."

Cette guerre a coûté la vie à 500 000 personnes : 400 000 algériens, 4 000 pieds-noirs, 30 000 soldats français, 20 000 harkis.

Cette guerre a été aussi un moment décisif où, moment unique dans l'histoire de la Cinquième République, le fonctionnement régulier de nos institutions a été mis à l'arrêt et l'article 16 de la Constitution mis en oeuvre par le président de la République Charles de Gaulle, pour contrer la tentative de coup d'Etat de cinq généraux putschistes en Algérie française.

Cet article de la Constitution élargit les pouvoirs du Président en cas de crise majeure du pays, après consultation de plusieurs personnalités de l'Etat.

Cinquante-huit ans plus tard, aujourd'hui, en mars 2020, et dans une situation de pandémie inédite en France et dans le monde, l'activité politique, économique et démocratique de notre pays, comme de beaucoup d'autres, est perturbée.

En France, quelques jours après le premier tour des élections municipales le président de la République a annoncé que notre pays était en guerre. Il s'agit en réalité non pas d'une guerre mais d'une crise sanitaire majeure.

Cette situation de pandémie exceptionnelle exige effectivement des mesures exceptionnelles. Pour le chef de l'Etat, elle implique de fermer les frontières et de limiter drastiquement les déplacements et les regroupements des personnes.

J'ai une pensée pour les plus vulnérables d'entre nous : les personnes à la rue, les réfugiés massés dans les centres de rétention administrative, les personnes détenues, les personnes mal logées, de fait exposées au virus par la promiscuité qui leur est imposée. Mais aussi pour les soignant.e.s, les caissier.e.s de supermarchés employé.e.s du commerce et celles et ceux qui maintiennent les services publics essentiels pour notre quotidien.

Je pense à vous, qui êtes contraint.e.s dans vos déplacements, limité.e.s dans vos droits de voir votre famille et vos ami.e.s.

Je pense aussi aux personnes seules et isolées qu'il ne nous faut pas oublier.

Quoique nécessaires, ces mesures d'éloignement et de confinement, supposent un contrôle démocratique régulier en ce qu'elles atteignent des droits fondamentaux : se réunir, aller et venir. Cette privation de liberté conjoncturelle ne doit pas servir de prétexte, une fois le risque écarté, à la remise en cause pérenne de nos droits sociaux ou fondamentaux, de nos libertés individuelles, au motif de rattraper des "points de croissance" perdus ou de "relever l'économie".

La crise que nous traversons doit nous ouvrir des perspectives nouvelles. Elle doit nous amener à radicalement repenser notre système actuel de production et de consommation afin d'être en mesure d'affronter d’autres menaces, tout aussi réelles comme celles du dérèglement climatique et de l'effondrement de la biodiversité.

Pour cela nous devrons nous appuyer sur des services publics forts et efficaces. Notamment un système de santé publique disposant d'un personnel médical correctement formé et rémunéré, en effectifs suffisants, travaillant dans de bonnes conditions, doté de moyens matériels et financiers adaptés. La santé n'a pas de prix, nous sommes bien d'accord, il nous faudra alors, dès l'après-crise, concrétiser cette assertion et passer rapidement à l'acte !

Nous avons aussi besoin de médias affranchis des lobbys et indépendants des pouvoirs économiques et politiques.

Nous ne sommes pas en guerre mais en situation de crise. L'utilité de nos services publics est désormais incontestable, car ils garantissent  la résilience d'une population, face non seulement aux épidémies, mais aussi face aux effondrements économiques et de la biodiversité. Ils protègent les  plus vulnérables, les plus âgés et les plus précaires.

Il est donc temps de réinterroger nos modèles. De

questionner notre mode de développement, de relocaliser la fabrication de nos biens fondamentaux, pour gagner en autonomie et en résilience, pour créer de nouvelles solidarités, pour préserver ce qu'il y a de plus essentiel à la vie et redonner du sens à notre destin collectif.

Mais pour l'heure, restons chez nous, protégeons-nous, protégeons les plus fragiles.

Je vous remercie.

Dernière mise à jour le jeudi 19 mars 2020

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